2018, année révolutionnaire

Les vœux du maire avaient lieu cette année le vendredi 19 janvier. Beaucoup de monde, et quelques représentants de communes de l’Agglo. L’occasion pour Mme le Maire de désigner Astaffort comme la troisième ceinture de l’agglo. La troisième ceinture, en gros, ça veut dire qu’Astaffort se situe à égale distance d’Agen et de Zanzibar. L’arrivée tardive du président de l’agglo ne lui permit pas d’entendre cette appréciation mais son génie politique ou un sifflement dans les oreilles l’ayant sans doute averti de cette pointe, la réponse vive et dynamique aura permis de bien recadrer les choses. Et parmi l’amoncellement de bonnes nouvelles et de cadeaux apportés dans la hotte du père agglo, trois ont particulièrement réjoui le cœur des présents.

Course à l’échalote, rue André Routier et causes désespérées

D’abord, les remerciements adressés à Mme notre Maire pour son travail « ressources humaines » en tant que déléguée, ce que chacun aura apprécié au vu du travail et de l’énergie que cette dernière consacre à son travail à l’agglo. Mais la course à l’échalote étant relancée par la création d’une nouvelle commission dont la présidence sera assurée par M. le maire de Layrac, ne pourrions-nous pas maintenant œuvrer à la création d’une nouvelle commission dont la présidence serait assurée par Mme le Maire d’Astaffort ? Ces nouvelles commissions étant par ailleurs frappées du sceau des causes désespérées – la commission nouvellement créée s’intitule « Centres bourgs commerces et services en milieu rural  » -, pourquoi ne pas donner à celle que nous appelons de nos vœux le titre « évaluation et conseil dans la recherche de l’excellence en matière de mutualisation » ? Elle pourrait commencer par une analyse de la façon dont les services de collectes des déchets sont organisés et réalisés.

Ensuite, la prise en charge par l’agglo des coûts engendrés par les travaux de la réfection de la rue André Routier, présentation donnant lieu à quelques toussotements de quelques membres, dont certains éminents, du conseil municipal.

Mais l’essentiel n’était pas là, dans ces polémiques de Clochemerle ravivées par quelques grincheux insensibles à la marche du progrès. Non, l’information la plus inattendue n’allait pas tarder à arriver : roulez tambour, « l’agglo est désormais une coopérative ». Ne disez donc plus maintenant « l’agglo d’Agen », dites « la coopérative Agglo Agen », nous discourut le discoureur.

Coopérons !

Attardons-nous sur cette info révolutionnaire. Le changement que nous allons connaître est considérable.
Le statut des coopératives a été défini par la Loi no 47-1775 du 10 septembre 1947, dont les 1ers articles énoncent les caractéristiques distinctives et le fonctionnement :
La coopérative est une société constituée par plusieurs personnes volontairement réunies en vue de satisfaire à leurs besoins économiques ou sociaux par leur effort commun.
Elle exerce son activité dans toutes les branches de l’activité humaine et respecte les principes suivants : une adhésion volontaire et ouverte à tous, une gouvernance démocratique, la participation économique de ses membres, la formation desdits membres et la coopération avec les autres coopératives.
Chaque membre coopérateur dispose d’une voix à l’assemblée générale.
Les coopératives sont administrées par des mandataires nommés pour six ans au plus par l’assemblée générale des membres et révocables par elle. Ces fonctions sont gratuites et n’ouvrent droit, sur justification, qu’à remboursement de frais, ainsi qu’au paiement d’indemnités compensatrices du temps consacré à l’administration de la coopérative.
L’assemblée générale se réunit au moins une fois l’an pour prendre notamment connaissance du compte rendu de l’activité de la société, approuver les comptes de l’exercice écoulé et procéder, s’il y a lieu, aux élections.

Un projet à portée universelle

Le projet n’est pas que français. L’Organisation Internationale du Travail s’est engagé en sa faveur, en soulignant quelques principes pour elle essentiels : « Les coopératives jouent un rôle important dans la réduction de la pauvreté et contribuent à la mise en œuvre du programme de l’OIT en faveur du travail décent. » – « les coopératives ont un rôle d’émancipation en permettant aux couches les plus pauvres de la population de participer aux progrès économiques. Elles offrent des possibilités d’emploi à ceux qui ont des compétences, mais peu ou pas de capital et assurent protection en organisant l’assistance mutuelle au sein des communautés. »
Travail décent, émancipation des couches les plus pauvres, assistance mutuelle. Pouvait-on se fixer pour 2018 de plus beaux objectifs que ceux-ci ?

Vivement demain !

Les conséquences de cette décision sont inouïes :
1/ chercher à réduire la pauvreté et à fournir un travail décent à tous
2/ les élus seront désormais révocables lors des AG annuelles, au cours desquelles sont présentés les activités et comptes de l’année écoulée
3/ « une voix, un électeur » change la mécanique.
Il n’est pas utile pour l’instant de faire mention des points les plus problématiques, à savoir l’adhésion volontaire et des fonctions n’ouvrant pas droit à rémunération.

Retour sur terre

Mais trève de balivernes, l’abrupte et très vintage conclusion, un discret « Vive Astaffort… » suivi d’un tonitruant et inattendu « Vive Agen !! », remettait les pendules à l’heure. Enfin les choses étaient clairement dites.