La rue André Routier
Le Père Noël
La hotte du bon politique ne passe pas à Noël, elle obéit à un calendrier dont seuls quelques grincheux sauraient trouver la logique interne. Le début de mandat l’a vue passer à Astaffort, portée par not’bon président (de l’agglo), lequel a sorti de la dite hotte ce document. dont les deux éléments les plus saillants sont l’aménagement et la réfection de la belle mais délaissée Avenue de la Plateforme et de l’oubliée rue Lafitte-Lajoannenque.
… Bon, finalement, ça ne s’est pas passé comme ça. La GRANDE REALISATION aura été la modernisation de la rue André Routier.
Quelques points secondaires
Ne gâchons pas notre plaisir, l’essentiel a été mené à terme, à savoir l’inauguration et une photo à diffuser largement. Quelques éléments mineurs restent cependant à regarder pour apprécier dans son intégralité la qualité de la réalisation.
- le coût et la répartition des charges
- le montant de la part communale : intialement de 109 887 € dont 27 471 € d’auto-financement lors de sa soumission au conseil le 14-12-2016, il est passé un an plus tard à 219 850 € dont 105 332 € d’autofinancement. Martine et moi votons contre ce nouveau « plan de financement prévisionnel » … réalisé après. Avec Martine, nous nous étonnons de ce bond. Les explications fournies sont l’occasion de pointer une cause des défaillances de l’estimation, révélée par la réponse d’un adjoint : le chiffrage a été fait par l’Agglo sans métrage. Nous ne sommes pas du métier mais manifestons notre surprise. La suite de l’explication est intéressante quant au fonctionnement du financement des projets, qui semble être le suivant: en gros, l’Agglo dit « y a des subventions pour tel projet, validez le projet en conseil pour l’ouverture d’une ligne budgétaire, le reste suivra. » Si le fonctionnement est bien celui-ci, le conseil municipal devient une simple courroie de transmission pour des décisions prises … là-bas. Si c’est ça, il serait bien qu’on le sache, ce qui permettrait de ne pas perdre son temps en débats sans conséquence et de passer de suite au vote. Ou admettre que l’habillage de notre existence nécessite quelques concessions au spectacle.
Le montant final du projet est visible ici. - la répartition des charges commune/agglo : quelque esprit grincheux chercherait à savoir si certains choix techniques, pas forcément très heureux, n’ont pas été dictés par le fait de reporter le plus possible de charges sur les finances municipales au bénéfice des finances de l’agglo. Nous regrettons à ce propos le fait d’avoir confié la maitrise d’oeuvre et d’ouvrage à l’agglo, tant le souci de l’agglo quant à notre village que sa connaissance de ce qu’il est ne sont pas d’une évidence criante. Par ailleurs, d’autres choix techniques auraient peut-être été possibles, éventuellement moins coûteux globalement, tel que le rehaussage de la rue. Enfin, a-t-on évalué le coût global, à comparer par exemple aux travaux précédents tel que ceux de la rue Cassagneau.
Remarque : nous sommes conscients du fait que ces considérations sont sans conséquence et surtout incongrues dans le fonctionnement actuel de nos institutions démocratiques, où le cercle pour nous vertueux « proposition/délibérations/vote/réalisation/évaluation » est réduit à sa portion congrue « délibérations/vote/réalisation », les deux éléments « participatifs » que seraient la réception de propositions en amont et l’évaluation des restitutions en aval n’étant pas partie prenante de la mécanique actuelle.
- l’intégration dans un projet global
- le passé du village : tous les lieux s’inscrivent dans une histoire, avec laquelle ils décident de jouer ou qu’ils peuvent ignorer. Si quelques remarques des riverains ont permis une prise en compte minimale de cet aspect, la tonalité actuelle du village, qui comprend les éléments notables de son passé récent (les travaux engagés depuis les années 80) et anciens, n’a pas été intégrée. La rue ressemble à ce qui se fait actuellement sur des critères purement gestionnaire, possiblement à vue basse, conséquence difficilement contournable du fonctionnement actuel de notre démocratie.
- son présent : à quel besoin répond cette rénovation ? Comment s’assurer que la réponse sera à la hauteur ? Les deux points suivants (maintenance – ergonomie) font partie des éléments de réponse.
- le projet qu’il dessine de son futur. Ce point est essentiel, peut-être le plus important en ce qui concerne la rue André Routier : première réalisation au centre du village, elle engage par ses choix la suite de la rénovation de ce lieu qui constitue de fait le point d’accueil et de rencontre du village. Alors, dans quel projet global s’ancre-t-il ? … Euh, y a-t-il un projet global ? Voir notre intervention de début de mandat dans ce sens… et l’absence de suite que connut cette proposition, absence qui incite à répondre à cette question : « non, il n’y pas de projet global ».
- l’ergonomie
- Qu’en est-il de la facilité d’usage ? Déplacement, accès aux commerces, le projet initial présentait des lacunes sur ces points, la pression des commerçants et riverains a permis d’aboutir à un résultat correct sur différents points, accessibilité pour personnes à mobilité réduite, mains courantes plus discrètes que les garde-corps prévus initialement, cheminement amélioré…
- …La question des stationnements est toujours sujette à discussion et les subtilités des discussions qu’elle nécessite ne peut trouver sa place ici, de même que la question de la trajectoire des bus.
- la maintenance
- une évaluation des travaux et coûts associés aux plantations et aménagements a-t-elle été faite ? Par qui ? A-t-elle été présentée en conseil ?
- dans la série « poussière sous le tapis », la jonction du bas de la rue avec les voies attenantes (avenue de la Plateforme et rue du vert) a-t-elle été prise en compte ? … Ou laissée comme une patate chaude ?
