Dernières séances

Le 1er tour des prochaines électons municipales aura lieu le 15 mars 2020. Les derniers conseils sont toujours un moment particulier de la vie d’un élu. Et se profile pour beaucoup la question : et après ?

La dernière commission Economie de l’Agglo a eu lieu le 18 février 2020

Y était notamment mis à l’avis le rapport 2020-04 :
 » La société MACDONALD’S France, représentée par M.DELOBELLE, Manager Expansion France du groupe, a exprimé dans son courrier d’intention en date du 28 janvier dernier, son intention d’acquérir un lot à bâtir approximatif de 4 773 m² au prix de 35 € HT pa rm² pour y développer un restaurant de 180 places sur une surface de plancher de 418 m², ainsi qu’un drive ».
Sur les 31 membres de la commission, 9 étaient présents. J’ai voté contre, en expliquant les raisons de mon choix, « cette implantation ne correspond pas à l’idée que je me fais du développement pour le territoire de l’Agglo », et en signalant que j’étais bien conscient de l’absence totale de conséquence de mon vote sur la décision finale, et encore plus sur les orientations actuelles de l’agglo en matière d’aménagement.

Et le 25 février 2020 s’est tenu le dernier conseil municipal

Chaque conseil se termine par la partie « questions diverses », au cours de laquelle chacun des conseillers peut proposer au débat, sans que la question soit mise au vote, tout élément jugé opportun quant à la vie du village. J’ai mis à profit cette possibilité pour rappeler le travail de Martine sur des dossiers cruciaux et la nécessité qu’il y aurait à ne pas l’oublier notamment deux d’entre eux, dont la mise persistante sous le boisseau pesait, à notre avis, sur l’état d’esprit du village, et pèsera tant qu’ils ne seront pas éclaircis.

1/ le « terrain de foot » … ou un espace sportif ?

Ce qui était un moment convivial du village – le dimanche, aller sur les bors du Gers voir le match de foot de l’équipe 1 du SCAF – s’est évanoui avec le transfert sur le nouveau terrain, dont n’est resté que des allusions persistantes et lourdes de reproche, combien ça nous coûte, quand est-ce que ça finira de peser sur les finances ?…, etc. La question qui mérite d’être posée est : comment le réinsérer dans la vie du village ?

2/ la maison des assos… n’est pas la maison des assos.

Il y a un malentendu. Nous croyons que « la maison des associations » est une maison des associations. D’où le reproche et les récréminations d’une bonne partie du milieu associatif quant à ses conditions de réservation et d’usage parfois obscures. Le constat est exact, et le mécontentement a priori légitime puisqu’une maison des assos, comme son nom l’indique, est gérée par un collège des assos ou directement par la mairie, ce qui n’est pas le cas à Astaffort. Mais le constat est faux  et les récriminations illégitimes, comme on le comprend à la lecture de la convention passée entre Voix du Sud et la mairie le 09/01/2008. Le fonctionnement actuel correspond bien à l’esprit dans lequel elle a été pensée par ses signataires. A cette situation bancale, dont la clarification soulagerait l’esprit vindicatif de beaucoup, parmi lesquels l’auteur de ces lignes avant d’avoir lu le travail de Martine, il existe deux solutions :
* confier la gestion à un collectif d’assos. Inconvénient majeur, Voix du Sud n’aurait plus alors les moyens nécessaires pour mener son projet et respecter les engagements qui lui a été confiés par la mairie en contrepartie de l’effort financier fourni. La direction de Voix du Sud, lors d’une rencontre avec le collège de l’Abattoir, avait d’ailleurs signalé qu’elle souhaitait même disposer de plus de place. Il conviendrait donc, deuxième solution, de :
* débaptiser la Maison des Assos, et l’appeler par une désignation adaptée. Une discussion s’est ensuivie à l’issue de ces remarques. Parmi les noms proposés, « Maison de la Musique » avait paru recevoir un certain assentiment. Ce renommage la rapprocherait de son fonctionnement effectif et clarifierait les choses. Resterait dans ce cas-là à mettre en place une vraie maison des associations.

… et une réunion publique en salle polyvalente

A la fin du conseil, je ne me suis pas attardé au moment convivial qui le suit, l’occasion de boire un verre et de papoter. Je partais à la salle polyvalente rejoindre l’équipe ACC et la réunion publique proposée par le groupe « énergie et développement durable ». Certains des conseillers ont eu le temps de me demander si « nous nous présentions », il ne restait plus que deux jours pour déposer notre liste en Préfecture. Notre décision n’était pas encore formellement prise mais nous nous doutions déjà que nous n’allions pas être en mesure de déposer une liste.

une autre liste ?

Partie de notre participation au « grand débat » du printemps 2019, une réflexion avait commencée en parallèle. Elle avait abouti à la création de l’association ACC, autour du maitre mot « démocratie participative ». Le dynamisme n’allait pas être suffisant pour présenter une liste. Mais la réunion publique, qui clôturait la séquence « on y va ? », ne fermait pas le projet, elle en montrait les possibilités et les principes sous-jacents.

un autre chemin ?

« A 10h32, les contrôleurs aériens français tentent de contacter, en vain, l’appareil. Dans l’avion, presque au même moment, une alarme retentit. Peu après, on entend un « claquement fort », comme si quelqu’un essayait de rentrer dans le cockpit. Puis la voix du pilote: « Pour l’amour de Dieu, ouvre la porte », lance-t-il. En arrière-fond, on entend les passagers qui commencent à crier.
A 10h35, le pilote essaie manifestement d’ouvrir à la hache. Une porte « blindée », selon M. Robin, conformément aux normes internationales. Puis, 90 secondes plus tard, nouvelle alarme, alors que l’appareil est à 5.000 mètres d’altitude. Le commandant supplie : « Ouvre cette foutue porte! »
Vers 10h40, l’Airbus touche une montagne, on entend les cris des passagers. Ce sont les derniers bruits sur l’enregistrement. »
Tel est le récit du crash de l’A320 de Germanwings le 24 mars 2015 au terme duquel les 144 passagers et les six membres d’équipage trouvèrent la mort.

Il illustre de façon dramatique l’issue fatale lorsque celui qui est aux manettes ne répond plus. Un texte écrit par Vilém Flusser, un penseur tchécoslovaque, fournit un contrepoint particulièrement pertinent, malgré le gouffre technique entre la situation qu’il décrit, avant Internet et les smartphones, et la nôtre. Le caractère pré-moderne de l’époque où il l’écrit n’enlève rien à son acuité, on peut même penser qu’il lui donne une pertinence nouvelle. Dans ce texte, après avoir remarqué que « les deux structures de base de la communication sont le dialogue et le discours », il pointe la caractéristique fondamentale que seule permet la première de ces deux structures, la capacité à répondre, et ce qui en découle : la responsabilité. « La responsabilité est la capacité de répondre immédiatement à un message ». Il prend pour exemple un marché villageois dans les temps anciens, sur lequel il imagine la rencontre d’un cordonnier, d’un potier et d’un philosophe qui se mettent à discuter. Pour lui, ce qui sort de leur dialogue est plus que la somme de leurs savoirs respectifs. « Une nouvelle compétence émergeait, par saut. (…) La source de formes nouvelles, la création d’information. » Et il conclue : « la politique était l’art suprême. »

Ces deux idées sont au coeur de la démarche d’ACC : répondre et discuter. La responsabilité et l’intelligence collective.
Attardons-nous sur cette dernière qualité telle qu’il la décrit. L’intelligence collective est plus que la somme des intelligences privées, exprimée classiquement par la défense de ses propres intérêts. Elle permet la prise en compte d’un espace hors de soi, l’espace commun. Plus même, elle contribue à le créer.
Ces considérations trouvent à l’occasion notamment des dégats engendrés par le dérèglement climatique un écho dans une série de réflexions sur les conditions de co-existence de l’humain avec toutes les formes de vivant. Des statuts en émergent : ambassadeurs, diplomates, facilitateurs, négociateurs, intermédiateurs… Ils dessinent les conditions d’une sortie non violente de la crise actuelle. Cette voie n’est pas évidente. « S’inscrire sous l’égide du métier de diplomate, c’est tout d’abord partir du postulat que les protagonistes de cette rencontre « vivent dans des univers radicalement différents, qu’ils vivent dans des mondes qui ont leurs propres conceptions et leurs règles » » rappelle un article récent autour de cette question, suggérant de partir de l’idée que « l’incompréhension mutuelle » est la situation initiale dans laquelle nous nous trouvons.

Cette manière d’envisager le politique n’est pas commune, et peu de faits indique pour l’instant la mise en oeuvre de cette manière de faire, pourtant vitale, ainsi que le signale Flusser dans la conclusion du texte mentionné, dans des mots qui pourraient être les nôtres :
« Le futur n’est pas très brillant. Si les tendances actuelles continuent, nous nous trouverons dans (…) une société dépolitisée, stérile, totalitaire. Mais il y a toujours l’espoir pour ceux qui pensent que l’homme est un être créatif et ouvert aux autres. Il y a toujours la possibilité pour des vrais dialogues. Mais il faut s’y mettre. »